Works

POÈME PATERNEL

BLOC BRUT

MAISON | ATELIER

Prendre une pierre dans sa main, et s’arrêter.
Peu importe la pierre, son origine, sa couleur ou autres qualités.
Sans le savoir, nous sommes naturellement en lien avec cette matière fondamentale: l’origine de la Terre, et les premières formes de vie.
Cette interaction essentielle avec le minéral existe depuis l’aube de l’humanité sur notre planète. Comme moyen de survie d’abord (outils) mais aussi en tant que conductions avec l’intangible, qu’il soit nommé l’inconnu ou le sacré.
Ce lien primordial incarne pour moi l’origine de la sculpture, dans toute son extraordinaire diversité. La création n’est-elle pas une urgence? Un espace de liberté capable de modifier notre perception de la réalité?
Mon travail est en ce sens primitif, issu du désir de matérialiser et de relier entre eux des thèmes basiques et fondamentaux. Explorer la lumière et le mouvement dans le minéral me permet d’unir le fixe aux métamorphoses incessantes du vivant. Une goutte d’eau taillée, ou bien une onde sonore, peut alors se matérialiser en une surprenante interaction née de ces mêmes paradoxes.
Ainsi, il serait plus approprié de décrire mon travail comme intemporel plutôt que contemporain. Mon intention étant plutôt dirigée vers l’absence de références temporelles que vers une interprétation ou un reflet de notre monde présent.
Toutefois, si l’expression est réussie, elle survivra alors à tout contexte, dans le temps comme dans l’espace. Révéler le minéral comme une empreinte de soi-même: Je dois ajouter que je garde un enthousiasme enfantin en découvrant chaque bloc de pierre (ou de cire), comme une entité unique capable de me changer autant que je la changerai à mon tour. Si ces mêmes changements sont les bons, la pierre peut alors émettre une puissance et une présence phénoménale, qui défient toute description.
Cette présence n’appelle aucune analyse ou définition, puisque le simple fait de la définir empêche tout approfondissement vécu de cette énergie vaste et silencieuse.

GS

L´impossible, nous ne l`atteignons pas,
mais il nous sert de lanterne

René Char

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